Du lundi 6 au vendredi 10 février 2012
lundi 6 à 10h et 14h30, mardi 7 à 10h, 14h30 et 19h30
mercredi 8 à 10h et 14h30 (représentation suivie d'un goûter)
jeudi 9 à 10h et 14h30, vendredi 10 à 10h, 14h30 et 19h30
Et du lundi 5 au vendredi 9 mars 2012
lundi 5 mars à 14h30, mardi 6 à 10h00 et 19h30
mercredi 7 à 14h30, jeudi 8 à 10h00 et 14h30
vendredi 9 à 10h00 et 19h30
à la Comédie de Caen, Théâtre des Cordes
Durée du spectacle : 55 mn
SPECTACLE TOUT PUBLIC A PARTIR DE 7 ANS
«Ecoute un peu l'histoire de la chèvre de M. Seguin, tu sauras
ce que c'est de vouloir vivre libre…».
Après sa nomination aux Molières 2010 puis son succès au festival
d'Avignon qui conduit ce spectacle à travers le monde avec plus de 200
représentations à son actif, la fable de Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet
inspirée de La Chèvre de M.
Seguin refait escale à la
Comédie de Caen pour notre plus grand bonheur. Alors ouvrez grands vos yeux et
vos oreilles et découvrez le conte d'Alphonse Daudet revisité. Cette pièce pour
petits et grands dévoile un univers fantasmagorique, un voyage visuel féerique
et déroutant. Le texte d'Alphonse Daudet est un hymne à la liberté, certes au
destin tragique, qui illustre la soif d'indépendance, quel qu'en soit le prix.
La comédienne, seule en scène, évolue sur une tournette divisée en quatre
espaces. Elle campe, avec grâce et détermination, cette chèvre guidée par la
voix d'André Wilms, le narrateur et accompagné par la musique onirique et
parfois inquiétante de Jean-Luc Therminarias et Léopold Frey.
Marcher vers la liberté est une décision toujours difficile.
Il faut, en fermant son baluchon, comprendre que chaque pas nous changera et que celui qui part ne sera pas celui qui arrivera.
Il faut, en se redressant, se promettre qu'aucun loup ne nous fera rebrousser chemin.
Il faut, avant le premier pas, vouloir vivre sans refuser la douleur de vivre.
Il faut, pour ce mettre en route, accepter la beauté tragique de notre existence.
Enfant, cette fable d'Alphonse Daudet m'avait été offerte par mon grand-père.
C'était un homme à la fierté belliqueuse qui, en cachette de ma mère, me faisait la lecture d'histoires merveilleuses, toutes dites pour rassasier mes rêves naissants.
La chèvre de Monsieur Seguin était son histoire favorite.
Je me souviens de sa voix ferme, aimant la chèvre et imitant le loup, border mon corps avant qu'il ne glisse dans les marais secrets du sommeil.
Un jour qu'il brulait les feuilles mortes de son jardin, attiré par le feu, j'étais venu l'aider armé d'une fourche trop lourde pour mes bras de maigrichon.
Il me laissa batailler comme un petit diablotin.
Je m'agitais tant et si bien que je perdis connaissance, vaincu par la fumée lourde des végétaux grassement nourris du souvenir d'un été humide et chaud.
Je me réveillai dans ses bras
– N'as tu pas eu peur ? me dit il .
– Je n'ai pas eu peur et même si je devais rencontrer le loup je ne tremblerais pas.
– Jean ! N'oublie pas ! Seul les lâches et les morts ne tremblent plus.
Depuis je marche et je tremble.
J'espère que vous retrouverez toute la vie de ce tremblement dans cette adaptation de La Chèvre de Monsieur Seguin d'Alphonse Daudet..