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The Dying of today
Création en octobre 2007
Comédie de Caen Théâtre des Cordes

De Howard Barker

Mise en scène Guillaume Dujardin
Texte français Isabelle Famchon
Avec Michel Dubois, Jean-Marie Frin
Collaboration artistique José Drevon
Costumes Françoise Luro
Lumières Christophe Dubois
Son, musique et régie son Joël Migne
Assistant son Philippe Petit
Régie lumière Moëren Tesson
Electricien Claudio Codemo
Régie générale et plateau Patrick Le Mercier
Habilleuse Antoinette Magny
Décor conçu et construit par les ateliers de la Comédie de Caen Bruno Banchereau, Patrick Demière, Benoît Gondouin, Patrick Le Mercier, Gérard Lenoir, Hubert Rufin, Serge Tarral
Assistante stagiaire Valérie Paüs
Deux hommes dans un salon de coiffure, l'un doit raconter ; l'autre, écouter.

Celui qui raconte, aime raconter. Celui qui écoute est le barbier. Seulement et ce jour-là, seulement celui qui raconte ne sait pas par où commencer. Ce qu'il a à raconter est grave. Il s'agit de débâcle et de mort. De chaos et de destruction.
Et celui qui aurait dû écouter se met à parler. À dire ce qu'il imagine. À inventer un langage, lui qui ne parlait jamais. Il a vécu, ce barbier. Le chaos, il l'a connu dans le passé. De muet, il devient bavard. Et celui qui devait parler est muet désormais. Lui qui n'avait jamais vécu se met à écouter et à découvrir les nombreuses possibilités de l'âme humaine.
Face au miroir.
Tout cela est possible car ils sont regardés. Par eux-mêmes, dans ce miroir. Par d'autres, sûrement. La nouvelle qu'ils détiennent, maintenant, conjointement, personne ne la connaît. Personne dans le reste de la ville ne sait ce qu'ils savent. La ville est encore calme. Le chaos va bientôt arriver. Et comme un écho prémonitoire à ce chaos, la destruction commence. Le salon est détruit. Les miroirs sont cassés. Les souvenirs sont éparpillés. Le causeur découvre la vie. Les mots ne suffisent plus. Celui qui devait écouter ne parle plus, il casse. Il casse les miroirs. Il n'y aura plus désormais de reflet. Ils cassent les portes. Le monde pourra désormais rentrer.
Celui qui devait parler regarde le monde détruit devant lui. Autrefois il parlait et partait. Aujourd'hui, il n'a rien dit et va rester. La ville est agitée. Le chaos est annoncé. La ville s'est vidée. Les habitants sont protégés. Seuls les deux hommes du salon de coiffure sont restés. Ensemble, ils attendront la destruction. Ils la verront. Ils la vivront. Sans miroir.

Guillaume Dujardin

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