Qui donc est-il, ce Pinocchio dont rêve Joël Pommerat et qu'il destine d'abord aux enfants ? Un être effaré, naïf, ravi - donc plongé, ajoute-t-il, dans "un état profondément théâtral".
Autour de Pinocchio, héros d'une fête musicale et douce, le paysage auquel songe Pommerat (qui vient de recevoir le Prix de Littérature dramatique pour sa dernière pièce, Les Marchands) tient plus des féeries du Grand Meaulnes que de l'Italie de Collodi.
Le spectacle joue du contraste entre l'austérité sérieuse du réel et les prestiges de la fantasmagorie. Librement inventé, ce Pinocchio où l'imagination enfantine se mesure à la dureté des grandes personnes, part de la question de la paternité et de la pauvreté. Peut-on s'acquitter d'une dette de vie ? Comment devient-on grand tout en restant libre ?
Joël Pommerat ne sait pas si les enfants se formulent de telles questions. Mais depuis qu'il a créé pour eux un Petit Chaperon rouge, il aime les histoires où elles se posent et sait qu'elles peuvent les captiver.