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Création en février 2001
Actuellement indisponible.
D'après Pier Paolo Pasolini. Selon Jean Lambert-wild, "Orgia est un chant mythologique. J'y entends la difficulté que l'être humain a à communiquer dès que la structure de communication dépasse la structure déterminée de sa pensée".

"Je pourrais inventer des slogans, des choses un peu drôles pour une conversation de salon. Je pourrais rappeler une phrase que dit Elsa Morante de moi : elle dit que je suis un Narcisse qui a un amour heureux pour soi-même. Mais j'ajoute que j'ai aussi un amour malheureux pour le monde."
(Extrait de l'interview que Pier Paolo Pasolini donna en 1966 à Jean-Claude Fierch.)


Distribution
De Pier Paolo Pasolini

Texte français Caroline Michel, Eugène Durif, Jean Lambert-wild

Avec
Femme Mireille Herbstmeyer
Homme Eric Houzelot
Chœur Fille Nolwenn Le Du

Mise en scène Jean Lambert-wild
Musique Jean-Luc Therminarias

Costumes Françoise Luro
Costumière Céline Marin
Maquilleuse Catherine Saint-Sever

Lumières Renaud Lagier
Régisseur lumières David Marze

Régisseur général Franck Besson
Chef constructeur Thierry Varenne
Constructeur Elisabeth Buisson, Patrick Lerat, Marc Terrier
Accessoiriste Thomas Jaeggi

Son Christophe Farion
Interface sonore Laurent Pottier

Cellule technologique Université de Technologie Belfort-Montbéliard, laboratoire des systèmes et transports - groupe systèmes multi-agents
Enseignants-chercheurs UTBM Abder Koukam, Alain-Jérome Fougères, Vincent Hilaire
Élèves-ingénieurs UTBM Amine Bousta, Jean-Sébastien Chaise, Thomas Chazelle, Sophie Gegout, Nicolas Mathieu, Yannick Mettavant, Julien Piaser
Ingénieurs électroniciens UTC Francisco Martinez, Jean-Jacques Vanhoutte
Régisseur informatique du système Daedalus Stéphane Pelliccia
Réalisation numérique Cécile Babiole
Logiciel 3D temps réel interactif "AAASeed" Emmanuel Mâa Berriet

Conseiller Elie Schulman

Production déléguée Le Granit - Scène nationale de Belfort

Coproduction Coopérative 326, Le Granit - Scène nationale de Belfort, Théâtre national de la Colline, Scènes du Jura Lons-Dôle, Nouveau Théâtre de Besançon - CDN de Franche-Comté, Théâtre du Muselet - Scène nationale de Châlons-en-Champagne, Espace Jean-Legendre - Théâtre de Compiègne, Le Carreau - Scène nationale de Forbach, GMEM (Centre national de création musicale - Marseille), Université de Technologie Belfort-Montbéliard (UTBM) laboratoire des systèmes et transports

Avec le soutien de la DRAC Franche-Comté, du ministère de la Culture - Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles, du Conseil régional de Franche-Comté, du Conseil général du Territoire de Belfort, de la Ville de Belfort, de Bonlieu - Scène nationale d'Annecy, de l'Association française d'Action artistique, de la Fondation Pier Paolo Pasolini, de LXSolutions, de La Graine


Extraits Presse
"Trois acteurs interprètent Orgia, pièce de Pasolini que met en scène à Belfort Jean Lambert-wild. Mais ils ne sont pas seuls sur le plateau. Autour d'eux flottent par moments des êtres bizarres : les Apharias, qui évoluent en grappes, évoquent des bulles de savon; beaucoup plus volumineux, les Hyssards ont une forme nettement phallique. Ces créatures translucides, qui ne sont que des projections en trois dimensions, répondent au nom générique de Posydones et s'inspirent d'organismes vivant au fond des océans. Des capteurs, branchés sur la peau des comédiens, enregistrent les rythmes cardiaques et respiratoires, les variations de températures. Le comportement des Posydones, leurs mouvements, dépendent directement des émotions humaines.
L'ensemble du système a été baptisé "Daedalus", en hommage non pas à l'Ulysse de Joyce mais à une corvette britannique - le HMS Daedalus - dont l'équipage affirma avoir observé, le 6 août 1848, un monstre marin." (René Solis, Libération, 9 février 2001)

"Etrange découverte à Belfort. Descente dans les profondeurs du théâtre.
Dans les abysses, en ces lieux qui nour ramènent à l'origine, ou plus exactement son image. Ici la parole est pesée, pensée : chaque mot résonne d'une charge sans humaine limite. Il s'agit des mots de Pier Paolo Pasolini, Orgia, la première des six pièces qu'il a concédées au théâtre. La traduction est nouvelle (du metteur en scène lui-même, en association avec Caroline Michel et Eugène Durif). C'est l'excès qui parle dans chacun de ses mots. Jean Lambert-wild s'en empare comme par effraction.
Loin du théâtre rebelle ou militant, nous sommes au plus près du commencement. En ces zones où l'humanité viendrait s'essayer à ses premières phrases. Scénario simplissime : un homme et une femme qui disent,très vite, dans une économie parfaite, tout le mal qu'ils "peuvent" se faire. Un oratorio pour se dire, pour nous dire toutes les formes, les tours et les détours du désir - on ne sait d'ailleurs pas s'ils se le portent, s'ils se l'interdisent. Ce qu'ils vivent est à la limite, quoi qu'il arrive à la limite. La proposition de scène met en jeu ce travail de la limite en confrontant les acteurs à eux-mêmes, par la médiation d'un appareil - comme un auxiliaire qui permet de se retrouver, malgré ou à travers les détours.
Ici la machine capte les états et les sensations que vivent les acteurs en jouant. Par un système de capteurs directement installés sur la peau des comédiens, la "machinerie" enregistre et traduit ce qu'ils vivent sue scène. Cette traduction prend la forme (virtuelle, nous sommes au théâtre - et le plus ancien, paradoxalement) d'organismes primitifs que l'on trouve au fond des océans. De partout, dans cette mêlée de mots ritualisés, le théâtre devient l'étrange dialogue d'êtres qui ne peuvent se parler. Mais le théâtre vient, à ce moment précis, pour dire encore." (Bruno Tackels, Le Progrès, 4 juin 2001)

"Orgia est le résultat de la recherche que mènent ensemble Jean Lambert-wild et Jean-Luc Therminarias sur ce qu'ils appellent "les ondulations aléatoires d'émotion", c'est-à-dire la manière dont la parole et le son peuvent créer des états d'émotion très particuliers de façon aléatoire. Ici, les nouvelles technologies génèrent des chimères, de fluides ectoplasmes translucides qui s'exhalent de la bouche des personnages, de leur cerveau, en souffles et fantasmes. Propulsés dans l'air, ils modèlent un espace mental, réceptacle de la partition à deux voix qu'a écrite Pasolini : voix d'une femme et voix d'un homme hanté par la mort, le sexe, le désir ; l'un et l'autre crucifiés par leur incapacité à communiquer." (Sabrina Weldman, Mouvement, octobre-décembre 2001)

"Où l'on mesure, une fois encore, l'influence considérable de Claude Régy sur le théâtre d'aujourd'hui. Certains metteurs en scène le copient, croyant atteindre, avec une lenteur forcée des mouvements et des voix, les rives ultimes de la conscience où il nous mène. D'autres, plus rares, réinventent le chemin. Jean Lambert-wild est de ceux-là. Après Sénèque, Gombrowicz, Bond et Kafka, il aborde pour la première fois Pasolini [et] nous emmène dans cette zone archaïque où les mots ne sont que des sons." (Brigitte Salino, Le Monde, 20-21 janvier 2002)

"Théâtre où le verbe est en gloire, cette pièce de Pasolini, créée à Turin en 1968, dans le scandale et le tumulte, excède les conventions traditionnelles du théâtre. Elle exige l'emprunt d'autres voies, sous peine de voir sombrer l'attelage d'Eros et Thanatos dans la simple pornographie. (...) On peut ou non apprécier une œuvre habillée de poésie et de subversion et ruisselante de viols, d'incestes et de violence, mais on ne peut nier que le metteur en scène, usant des sciences et de la technique, en rhapsode la transmue en une superbe sonate de spectres." (Dominique Darzacq, Valeurs actuelles, janvier-février 2002)





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