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Opus 1 : La nuit de l'indien promet d'être sombre - Opus 2 : Souffles d'adieu du roi Behanzin
Un spectacle en deux saynètes de Jean Lambert-wild

CREATION EN 2004
AU REPERTOIRE

Durée : 15 minutes par saynète

Il est possible de jouer les saynètes séparément (durée du spectacle : 15 mn) ou à la suite (durée du spectacle : 35 mn).

Mise en scène Wild & Civilized *

Avec Odile Sankara
Costumes Françoise Luro
Assistante Aurélia Marin

* Sous l'intitulé "Wild & Civilized" avancent, à peine cachés, les travaux menés en commun par Benoît Lambert et Jean Lambert-wild.

Production déléguée Comédie de Caen-Centre dramatique national de Normandie

Coproduction Le Granit - Scène nationale de Belfort, Coopérative 326, Théâtre de La Tentative

La nuit de l'indien promet d'être sombre (Extraits du texte) d'après un discours du chef indien Seattle (1854)
«Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?
L'idée nous paraît étrange.
Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau,
comment est-ce que vous pouvez les acheter ?
Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.
Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume
dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte sont sacrés dans
le souvenir et l'expérience de mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs
de l'homme rouge.

Peu nous importe l'endroit où nous passerons le reste de nos jours,
ils ne seront de toute façon pas très nombreux.
La nuit de l'indien promet d'être sombre.
Pas une seule étoile d'espoir ne brille au-dessus de son horizon,
des vents aux accents funèbres gémissent au loin.
Partout où il ira, l'homme rouge percevra dorénavant derrière lui les
pas de son féroce destructeur, et il se préparera à affronter stoïquement son destin, ainsi que
le fait la biche blessée en entendant approcher
le chasseur.
Quand le dernier homme rouge aura disparu de la surface de cette
Terre et que le souvenir des miens sera devenu un mythe parmi les hommes blanc,
ces rivages grouilleront des morts invisibles de ma tribu, et lorsque les enfants de vos enfants
se croiront seuls dans les champs, les magasins, dans les boutiques,
sur les routes, ou dans le silence
des bois impénétrables, ils ne le seront pas.
Sur toute la terre, il n'y a pas d'endroit où la solitude soit possible.
La nuit, quand les rues de vos villes seront silencieuses
et que vous les croirez désertes, elles seront remplies par la foule
des revenants qui occupaient autrefois cette belle contrée
et continuent de l'aimer.
L'homme blanc ne sera jamais seul.
Qu'il traite mon peuple avec égard.
Les morts ne sont pas dénués de pouvoir.
Les morts, ai-je dit ? Il n'y a pas de mort.
Seulement un changement de monde.»
Chef Seattle

 

Souffles d'adieu du roi Behanzin (extraits du texte) d'après le Discours d'adieu du Roi Behanzin de Jean Pilya, texte issu de la pièce "Kondo le requin" et le poème Souffles de Birago Diop
«Compagnons d'infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances nous
avons décidé de lutter. Nos combattants s'étaient levés par milliers pour défendre le Danhomè
et son roi.
Avec fierté, l'on reconnaissait en eux la bravoure qu'avaient manifesté les guerriers d'Agadja, de
Tégbessou, de Ghézo et de Glèlè. Dans toutes les batailles j'étais à leurs côtés. Et nous avions
la certitude de marcher à la victoire. Cependant, malgré la justesse de notre cause, et leur
vaillance, nos troupes compactes furent décimées.
Et maintenant, ma voix éplorée n'éveille plus d'écho.

...

Compagnons disparus, héros inconnus d'une tragique épopée, voici l'offrande du souvenir : un
peu d'huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand
départ.

Écoutez plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s'entend,
Entendez la voix de l'eau.
Écoutez dans le vent
Le buisson en sanglot :
C'est le souffle des ancêtres.



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