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Première Mélopée de l'Hypogée
Un discours de Sereburã, accompagné d'un rêve de Waëhipo junior et des mythes de la communauté Xavante d'Etênhiritipa

CREATION EN JUILLET 2005 AU FESTIVAL D'AVIGNON
POUR MEMOIRE

Texte édité aux Solitaires Intempestifs

Voix et caractères Josimar Ruruiwe Xavante, Paulo Francisco Supretaprã, Reginaldo Waramwi Xavante, Roberto Tewewaritserebura Waripo Marino Xavante, Bénédicte Debilly/Odile Sankara, Jacqueline Humbert, Marc Le Glatin, Laure Wolf
Percussionniste Jean-François Oliver
Voix électronique Stéphane Pelliccia
Texte et direction Jean Lambert-wild
Musique Jean-Luc Therminarias
Lumières Renaud Lagier
Costumes Françoise Luro
Réalisation costumes Céline Marin
Couturière Hélène Oliva
Maquilleuse - habilleuse Catherine Saint-Sever
Régisseur général Franck Besson
Chef constructeur Thierry Varenne
Effets spéciaux Jean-Daniel Corbet
Son Christophe Farion
Interface sonore et développement du programme RETES Léopold Frey
Electriciens Hervé Peyrard, Fréderic Maire
Constructeur Marc Terrier
Peintres décorateurs Charles Rios, Pierre Lanoue
Réalisation vidéo Emmanuel Mâa Berriet
Reportage vidéo pour la reprise à l'Aldeia Xavante Caïmi Xavante
Assistante Aurélia Marin
Coordinatrices de production au Brésil Julia Gomes, Cristina Floria
Contextualisation culturelle et coordination de production à l'Aldeia Xavante Cristina Floria, Paulo Supretaprã
Traducteurs Luciano Loprete, Matthew Muhm
Automobilista Raivaldo de Oliveira da Silva
Cuisinier
Sylvain Bèche

Production déléguée Comédie de Caen - Centre dramatique national de Normandie

Coproduction Coopérative 326, Granit - Scène nationale de Belfort, Festival d'Avignon 2005, CDDB - Théâtre de Lorient, La Halle aux Grains - Scène nationale Blois, le GMEM, Centre national de création musicale de Marseille, ARS NUMERICA, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) Laboratoire Systèmes et Transports, CCAS, Théâtre national de Bretagne

Avec le soutien du Consulat de France de São Paulo, des SESC de São Paulo, du Consulat de France de Rio de Janeiro, de Riocenacontemporânea Festival, de la convention AFAA, DRAC, Région Franche-Comté, du programme de promotion et diffusion des écritures contemporaines "Tintas Frescas" en Amérique Latine, de Brésil-Brésils (année du Brésil en France 2005), du Conseil régional de Franche-Comté, de Lxsolutions, de la DICREAM, de la SPEDIDAM et de la FUNAI

En compagnie de l'ADAMI

Remerciements à la Communauté Xavante de l'Aldeia de Pimentel Barbosa, au Conseil général de Vaucluse, à la Communauté de communes des Pays de Sorgues et des Monts de Vaucluse, à la commune de Saumane et à ses habitants.

Les Xavante rappellent avec force la nécessité vitale d'une harmonie entre l'homme et le cosmos ; c'est le discours de Sereburã. Jean Lambert-wild et son équipe tentent dans un esprit de coopération et de réflexion d'inventer, d'expérimenter de nouvelles associations esthétiques, dont les connexions bouleverseront le cadre habituel des conventions de narration et de représentation ; c'est le rêve de Waëhipo Junior.
Lors de ses premières rencontres avec la communauté Xavante, il est progressivement apparu fondamental à Jean Lambert-wild de faire connaître et vivre les valeurs des Xavante en Occident ; de transmettre, dans une rencontre artistique commune et riche en confrontation poétique, ce que les Xavante rappellent : la mémoire d'une harmonie ancienne entre l'homme et le cosmos, le fait qu'il n'y a pas d'existence possible sans l'instauration d'un rapport vivant aux autres et au monde‚ un rapport de création et non de destruction.
Dans Mue, Jean Lambert-wild restitue leurs paroles.

 

Les hommes de vérité de Etênhiritipa
Les Xavante se nomment A'uwê Uptabi‚ ce qui signifie «peuple de vérité». Jusqu'à la moitié du XVIIe siècle‚ ils ont vécu dans l'état brésilien de Goias. Victimes des persécutions des premiers colonisateurs‚ ils sont partis pour un autre territoire en direction de Rios Tocantins‚ d'Araguaia et das Mortes jusqu'à ce qu'ils arrivent au territoire du Rio das Mortes‚ état actuel du Mato Grosso.
Ils parlent la langue A'uwê‚ appartenant au tronc Macro-Jê de la famille linguistique Jê‚ qui regroupe le plus grand nombre de peuples indiens‚ comme les Xerente‚ les Kaingang‚ les Xakriabá‚ et les Apinajé.
Actuellement‚ les Xavante vivent dans les réserves indiennes de Rio das Mortes‚ Areões‚ Parabubure‚ Marechal Rondon‚ São Marcos et Saugradouro. On compte près de 12 000 personnes réparties approximativement dans 86 villages.
Les villages Xavante sont toujours établis près d'une source d'eau ou d'une petite rivière. Les habitations ont leur porte tournée vers le centre d'un demi-cercle orienté lui-même vers la rivière.
À l'une des extrémités se trouve le Hö (maison des adolescents). Au centre du village‚ il y a un grand espace découvert‚ un Warã‚ où les hommes se réunissent. Et c'est ici que les grandes décisions sont prises‚ par le «Conseil des Anciens».
Pour la formation des jeunes‚ une attention particulière est donnée à la capacité de vaincre la fatigue‚ la souffrance‚ la douleur et la peur.
Depuis leur plus jeune âge‚ les garçons luttent les uns contre les autres pendant l'Oi'o. Dans cette lutte‚ les deux adversaires‚ des clans différents – Poreza'ono et Öwawê –‚ luttent armés de la racine de l'Oi'o‚ révélant ainsi leur caractère. Le vainqueur est celui qui résiste le plus à la douleur et ainsi obtient le respect de toute la communauté. Après le dernier combat‚ les garçons intègrent‚ avec un rituel‚ le Hö (maison des adolescents).
Le plus important des rituels Xavante est le Wai'á qui a lieu tous les 15 ans. C'est un rituel complexe‚ demandant plusieurs années de préparation‚ et seulement les hommes y participent.
C'est pourquoi tout ne peut être révélé.
Cristina Floria

La résonance du Warã
Le Warã est le conseil des anciens et des hommes adultes‚ signifiant aussi l'endroit‚ l'espace central du village.
Avant que les premiers rayons de soleil effleurent l'horizon les hommes sont appelés par un cri aigu pour qu'ils se réunissent au Warã.
Les hommes viennent et se mettent en cercle. Ce rituel a lieu tous les jours au lever et au coucher du soleil et il peut se prolonger dans la nuit.
Les hommes s'assoient toujours au même endroit‚ chacun des participants ayant une place définie. Le cercle central est occupé par les anciens‚ et les cercles suivants autour du cercle central sont occupés en fonction de la cérémonie d'entrée des hommes adultes au Warã.
Tout se discute dans le Warã‚ où toutes les décisions sont prises. Les anciens de deux clans‚ Poreza'ono et Öwawê‚ dirigent la réunion. Les Poreza'ono conduisent la discussion et le conseil‚ et les Öwawê répondent et complètent leurs pensées. Tout est discuté et résolu ici : les rituels‚ le quotidien‚ la chasse‚ les conflits‚ tout ce qui est important et qui a un rapport avec la communauté. Les Riteiwá – les initiés –‚ les Wapté – les jeunes – et les femmes n'ont pas le droit de participer au Warã. C'est le conseil des hommes adultes.
Quand un homme s'adresse au conseil‚ il se lève pour dire son discours. Son expression est très importante et doit représenter son groupe et non son individualité. Parfois‚ plusieurs personnes parlent en même temps‚ ceux qui participent ont la liberté d'interroger ou de compléter ce que dit l'orateur et de répondre aux questions qu'il pose. Et c'est ainsi qu'ils arrivent à un consensus.
L'important est la conclusion de la discussion au Warã‚ qui est toujours faite par le clan Poreza'ono‚ par l'ancien qui a initié le dialogue au conseil. Celui qui termine le Warã est toujours l'homme le plus important de la communauté‚ un ancien du clan Poreza'ono.
Cristina Floria



Extraits de presse

"Une nuit, un rêve avait dit à Lambert-wild qu'il devait aller au Brésil. Le lendemain, il a pris une carte, fermé les yeux et mis le doigt sur un point du vaste pays. Et il y est allé. Ce qu'il en rapporte souffle qu'il est bon, parfois, de suivre la voix des songes. L'endroit pointé sur la carte était la terre des Xavante, une communauté indienne vivant dans l'Etat du Mato Grosso. Chaque jour, au lever et au coucher du soleil, les hommes se réunissent en cercle pour le Warã, un conseil où sont prises les décisions, au cours d'un rituel.
Nous voilà donc, nous aussi, en cercle autour d'un monticule de terre rouge, où s'asseyent, en cercle eux aussi, cinq Xavante et trois Françaises. À ces cercles s'ajoute celui des micros disposés dans les arbres. Ce dispositif, minimal mais sophistiqué, laisse libre d'imaginer qu'on est ailleurs, comme nous le dit Mue Première Mélopée. C'est un texte chanté, bercé par les mythes des Xavante, qui suggèrent une autre façon d'être sous le ciel, de se vivre homme sur terre. Tout est simple et profond, comme dans les contes. Alors, on rêve, on regarde les étoiles, on respire. L'air est doux, les sons de Therminarias l'accompagnent. C'est peu, et beaucoup : une nuit où l'arc des songes joint deux continents." (Brigitte Salino, Le Monde, 16 juillet 2005)


"L'effet est troublant et envoûtant. Pas d'exotisme ni de paillettes pour Année du Brésil, mais, sous le ciel incrusté d'étoiles, la magie d'un chant profond reliant intimement chaque spectateur au cosmos. Plus que d'un spectacle au sens traditionnel du terme, il s'agit d'une cérémonie. Elle n'a rien de religieux. Elle n'en distille pas moins un sentiment puissant de communion et d'échange entre des univers, entre des cultures par-delà l'espace et le temps. On est «ailleurs», au loin, très loin. Perdu aux frontières de la réalité et du songe." (Didier Méreuze, La Croix, 19 juillet 2005)


"Dans la longue odyssée d'Avignon à travers les calamités, Mue, joué au château de Saumane, dans la Provence profonde, nous offre un moment d'accalmie, un parfait contre-exemple de cette obsession du désespoir : il y va de la présentation d'un mythe fondateur pour mieux comprendre non pas tant la nature de l'homme que sa place dans l'univers. (…) L'interculturalisme est mis en pratique. Beaucoup de tact, de retenue, d'élégance et de probité dans cette délicate coopération, sans voyeurisme ni condescendance. (…) Aucun spectacle, à Avignon cette semaine-là, ne renouvelle autant l'art de la mise en scène, ne pose les questions brûlantes avec une telle énergie." (Théâtre/Public)


"Loin de la polémique qui s'est emparée du festival officiel cette année, Jean Lambert-wild et la Coopérative 326 s'étaient établis au château de Saumane, un lieu magique assez éloigné de la ville. Avec cinq Xavante, ils ont offert aux spectateurs troublés un moment de rêve, de calme, de douceur et de beauté comme on les espère toujours et les rencontre rarement." (Angers Femmes)

 


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