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Un spectacle de Jean Lambert-wild, Jean-Luc Therminarias, Michel Onfray, Carolyn Carlson et François Royet
CREATION - PRODUCTION 2009 DE LA COMEDIE DE CAEN Du lundi 16 au vendredi 20 novembre 2009 Spectacle à 20h30 sauf mercredi et jeudi à 19h30 à la Comédie de Caen, Théâtre d'Hérouville dans le cadre du Festival Les Boréales Durée : 1 heure
EN TOURNEE
Du 16 au 20 novembre 2009 à la Comédie de Caen - Théâtre d'Hérouville Les 26 et 27 novembre 2009 au CCN de Roubaix
Les 2 et 3 décembre 2009 Au Théâtre de l'Union – CDN de Limoges
Le 8 décembre 2009 Au Hangar 23 à Rouen
Le 5 janvier 2010 au Théâtre Anne de Bretagne à Vannes Les 21 et 22 janvier 2010 au Théâtre de Cavaillon – scène nationale
Les 28 et 29 janvier 2010 au Granit – scène nationale de Belfort
Les 3 et 4 février 2010 au Théâtre de l'Agora – scène nationale d'Evry
Le 19 mars 2010 au Théâtre de Chelles
Le 30 mars 2010 au Volcan – scène nationale du Havre
Disponible en tournée sur 2010-2011
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Extraits de presse : Le Point - Le Monde - Le Nouvel Observateur - L'Instant - La Terrasse - L'Agitateur d'idées - La Grande librairie - l'AFP - France Info - France 2 JT 13h, "Si on sortait" - Théâtre du blog - Dansez.info - Là où ça bouge - France inter - Rue du Théâtre - La Terrasse - Altamusica - Littéranaute - Paris Normandie - Les pestaculaires - Six pieds sur terre/Libération.fr - Le Pays, Belfort - Allegro théâtre - Libération - Gilles Arnaud Sphère -
Cavaillon, réactions des spectateurs
Liens : www.ccn-roubaix.com - www.crlbn.fr/les-boreales - http://gallery.me.com/crom1#100155 - Le Recours aux forêts, Mark Alsterlind - http://gallery.me.com/crom1/100251
Le Rebelle Juha Marsalo Voix Fargass Assandé, Elsa Hourcade, Stéphane Pelliccia, Laure Wolf Vibraphone Jean-François Oliver
Direction Jean Lambert-wild Musique Jean-Luc Therminarias Texte Michel Onfray Chorégraphie Carolyn Carlson avec la complicité de Juha Marsalo Images François Royet Pictoglyphe Mark Alsterlind Lumières Renaud Lagier Tissures Françoise Luro Costumière Annick Serret Direction technique Claire Seguin
Son Christophe Farion Programmation son Léopold Frey Conception du système de projection 3D, régie vidéo Quentin Descourtis Programmation vidéo Julien Delmotte
Décor et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen sous la direction de Benoît Gondouin Constructeurs Bruno Banchereau, Patrick Demière, Pierre-Amaury Hervieu, Hubert Rufin, Serge Tarral Réalisation des costumes Antoinette Magny Photographies Tristan Jeanne-Valès
Production déléguée, Comédie de Caen-Centre Dramatique National de
Normandie
Coproduction Centre Chorégraphique National de Roubaix
Nord-Pas de Calais, Le Volcan-scène nationale du Havre, Le Théâtre de
l'Agora-scène nationale d'Evry, le Festival des Boréales, le
GMEM-Centre National de Création Musicale de Marseille, Le Théâtre de
L'Union-Centre Dramatique National du Limousin Cette œuvre a bénéficié de l'aide à la production et à la diffusion du fonds SACD.
La Tentation de Démocrite Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours aux forêts, ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes – envie, jalousie, haine, ressentiment… –, le triomphe de l'injustice, le règne de la critique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre… Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit se réconcilier avec l'essentiel : le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos. Michel Onfray
J'irai, teinté de bleu, imiter le sanglier dans la Forêt. J'irai, grognant de joie, curer ma peau au regros des chênes. Mes mains en bec d'oiseau chanteront les gloires de tous mes pas perdus où s'escopaient mes rêves étourdis au roulis d'un berceau. Élevé au mariage de la mort, tore marquant la place de mes ancêtres, je tiendrai haut ma tête pour irriter les rochers, baguant ma peur de ne pas pouvoir leur ressembler. L'exil me rendra le bryon de mes yeux, une pupille en île qui se soulage du temps en tournant sur elle-même. Mes rires seront les tombelles de mes nuits. Ample à nouveau, mon souffle retrouvera l'usage de ses langues : langue du sein, langue du sang, langue des songes. Trois soeurs étrangères en conversation qui fixeront les frontières du corps de mon exil. J'irai dans la Forêt, car est dérisoire une vie qui tourne le dos aux portes et aux miroirs. J'irai dans la Forêt, car est dérisoire une vie rendue meurtrière par l'aporie d'un monde qui maudit la vie. J'irai dans la Forêt, vivre sans fin, ces aurores qui sont toujours des prouesses. Jean Lambert-wild Âme désireuse au sein d'un esprit barré d'aucune cloison Qui mesure son propre mouvement à l'aune d'horizons lointains Sa liberté, celle qu'il s'accorde. Il marque son empreinte sur les vapeurs éthérées de l'Univers Cocon de poussière et de lumière sylvestre. Il se précipite dans les zones d'ombre de poètes inconnus Plonge au coeur de leur mystère ... Le Rebelle dans sa solitude souffre pour le monde, il met au jour un but pour chacun des hommes car il a pris le risque. Ses bras sont pleins d'étoiles qu'il garde dans les coins sombres Il enterre les âmes au creux des arbres vides Goûte la chair du vent sur sa main Meut les eaux de la forêt avec ses yeux jusqu'à la mer Emmêlée par le sel et par les souvenirs Il s'incline devant l'immanence céleste Devant la terre valsant dans ses révolutions Le Rebelle ne dort pas Il rêve son rêve éveillé Des rochers lestent ses paupières Ne dort pas Devient son propre héros En proie Un renard roux flaire les pistes rebelles et le traque Férocement affamé feint la pitié avant l'attaque Mais un Rebelle né ne meurt jamais Il court au plus profond des forêts sauvages À l'endroit où se repose l'esprit du vent Où les arbres pleurent dans l'orage et l'obscurité Il se couche bercé dans le dernier pli d'une aile d'oiseau Grave son âme sur la pierre dans le doute d'un monde qu'il a laissé derrière lui Creuse avec ses mains la belle et interdite boue des jeux d'enfants Sent les parties secrètes d'animaux depuis longtemps disparus Barbouille son humilité sur l'impermanence originelle Ses graines de mémoire effacée, les régénère, Mue son corps aux formes des anneaux de troncs en mille plis d'un bois sans âge La vision élargie des miracles Où le monde et ses phénomènes se désagrègent en vue de l'infini Où le temps n'est ni une horloge ni un calendrier, ni lorsque honteux des conventions ni lorsque là où le temps se fait en pleine nature, notre rebelle aux os luisants saute afin d'y défier son coeur. Pour pénétrer la source primaire, paré de la dignité des feuilles pourrissantes laissées là à dépoussiérer les tombes de nos ancêtres Dont le lit se prépare aux vers et aux choses mordantes Bel et bien cette hardiesse prospère dont l'âme rebelle réside en chacun des hommes. Carolyn Carlson
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