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Théâtre du Préau
Excursion chez nos partenaires :
voyage en bus + spectacle = tarif 12 euros.
Attention ! nombre de places limité à 50, réservation indispensable.
Contact : Hélène Fourez au 02 31 46 27 26.
avec Emmanuel Fumeron, Cécile Gérard, Didier Grebot, Etienne Grebot, Guillaume Hincky, Ana Karina Lombardi, Lara Suyeux, Emmanuel Vérité
scénographie et lumière Antoine Franchet costumes Violaine L. Chartier assistée de Elsa Le Guichard, Sophie Heurlin réalisation sonore Jean-Pascal Lamand construction décor Florent Gauthier, Franck Tenot, Kevin Auguste régie générale Marc Chevillon régie plateau Florent Gauthier régie son Patrice Nivot
Il faudrait ne pas avoir à se justifier quand le désir vous prend d'entreprendre un détour par les classiques. La nécessité de retrouver, de loin en loin, comme des balises sur le chemin, la mémoire de ce qui nous fonde, devrait suffire pour toute justification. Dans ce pays-ci, quand on s'intéresse au théâtre, il est difficile d'échapper à Molière. Pourquoi s'en plaindre ? On a vu des auteurs plus maladroits… Mais en même temps, on se trouve toujours saisi d'une répugnance étrange lorsqu'on s'attaque à ce monument national, comme s'il ne pouvait être que l'objet d'un unanimisme plat. Molière, l'épuisé du commentaire scolaire, le passage obligé de la culture française… Comment, avec cela, faire du théâtre aujourd'hui ? Pourtant, dans le même temps, nous savons qu'il y a là, dans cette œuvre apparemment si rebattue, quelque chose qui nous travaille. Quelque chose d'extrêmement trouble, pour ne pas dire de franchement suspect, quelque chose qui a à voir, justement, avec le sentiment national. Qu'est-ce que cela veut dire, être français ? Et au nom de quoi devrions-nous laisser cette question à l'extrême droite ? S'attaquer à Molière, c'est aussi affronter cela, une certaine tradition de la pensée française, qui engendra les Lumières et la Révolution. Cet héritage, nous avons le droit de le revendiquer, non pas pour le célébrer béatement, mais pour en inventer un usage pour aujourd'hui. La question qui nous occupe n'est donc pas de démontrer que Molière est valide de toute éternité, et pour les siècles des siècles. C'est plus simplement de dire que nous refusons d'abandonner la mémoire et le patrimoine à nos ennemis. Notre problème ne commence pas par «de tout temps Molière…». Il commence par «Molière, qu'est-ce qu'on peut faire avec ?» Il y a toute une imagerie du Misanthrope : la Cour, les salons, les perruques, les rubans verts, les robes à crinoline, les petites photos du classique Larousse… C'est cela qui afflue d'abord quand on pense à la pièce. Vouloir sortir de ce folklore, ce n'est pas seulement sacrifier à une pulsion moderniste, ou prétendre nier la distance historique qui nous sépare du texte. Cette distance, de toute façon, la langue la maintient quoi qu'il arrive… Il s'agit simplement d'inventer un usage de la pièce, un usage pour aujourd'hui. C'est l'injonction lancée par Peter Sellars : « [Les classiques] me font penser à cette petite boîte rouge vitrée, fixée au mur, où l'on peut lire : «Briser en cas d'urgence». Un outil prêt à l'emploi : c'est donc ça, un classique. Brisez la vitre, sortez-le, servez-vous-en.» Il ne s'agit donc pas de célébrer Molière, ou de l'écouter pieusement, mais de s'en servir. Pas de perruques, donc, pas de reconstitution historique. Il s'agit d'abord de montrer les convulsions qui agitent un groupe d'amis, en lorgnant plutôt du côté de Cassavetes ou de Despleschin. Il s'agit de montrer comment la langue de Molière reste audible, dès lors qu'elle traverse des corps d'aujourd'hui. Et il s'agit ainsi de poursuivre la confrontation entre la culture savante dont nous avons hérité, et la culture de contrebande que nous nous sommes forgée.
Alceste rêve d'un autre monde et nous sommes les héritiers du rêve d'Alceste, de son rêve de justice, de transparence et de vertu. Alceste voudrait trouver des raisons d'y croire encore, au milieu du discrédit général. Alceste voudrait changer le monde, mais pour cela il est prêt à se transformer en juge ou en procureur... Alceste tempête, et ses imprécations ne nous laissent pas en repos. Molière, pourtant, n'est pas un apologue, ni même un théoricien. Il est auteur de comédies. Ainsi, cet homme, Alceste, qui vient poser des questions tellement brûlantes, cet homme-là fait rire. Molière serait-il cynique pour se moquer ainsi de celui qui vient réclamer un peu de justice et de vérité ? C'est une question lancinante de savoir si Molière, écrivant le Misanthrope, fait l'éloge d'Alceste ou le condamne... Je ne sais pas si Alceste a raison. Je ne sais pas si son emportement contre le monde est légitime. Je crois que cela, précisément, doit rester dans la pièce à l'état de question. Alceste pose la question de la limite. Il demande au public : elle est où, votre limite à vous ? Benoît Lambert
Partenaires
Le Préau - CDR de Vire
production déléguée, Le Théâtre de la Tentative coproduction, Le Centre Dramatique Régional de Tours, Le Granit-Scène Nationale de Belfort, Le Forum-scène conventionnée de Blanc-Mesnil, La MCNN-Maison de la Culture de Nevers avec le soutien de la DRAC Bourgogne, du Conseil Régional de Bourgogne, du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, de la Ville de Dijon
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