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Comédie de Caen Théâtre d'Hérouville

l'équipe aux mains vertes :
Stéphane Pelliccia voix et électronique
Jean-Louis Clot guitare
Gilles Sivilotto sampler et électronique
Jean-Luc Therminarias guitare slide, électronique et diffusion
Renaud Lagier lumière verte
Christophe Farion son
Léopold Frey programmation

Les scientifiques de l'Université du Sang Vert vous invitent à se joindre à eux pour boire une dose du fluide d'émeraude. Par ce liquide puissant, vous rejoignez librement l'ordre du Sang Vert et vous êtes maintenant préparés à affronter en toute sécurité ces êtres surnaturels sans crainte de contamination.

ATTAQUE : Mat prenait un petit encas complémentaire tardif avec Mademoiselle Janne au Pulp, sur un grand boulevard de la périphérie, où la nuit d'avant, Jeff était parti en fumée. Les épais verres des lunettes de Mat filtraient les nuances de vert se reflétant sur les bords de la bouteille d'une marque de bière (cette marque de bière que nous aimons tous si bien). Mais les lunettes de Mademoiselle Janne étaient d'un vert clair léger et quand elle voulut boire le contenu de la bouteille (cette marque de bière que nous aimons tous si bien), elle ne pensa pas à protéger ses yeux pour annuler le vert émeraude, reflet violent du verre de la bouteille, si bien que l'éblouissante, incandescente lumière la rendit aveugle. Alors, Mat regarda cette nuit, son amie partir en fumée, comme Jeff le fit la nuit d'avant. Mat attendit des années et des années pour voir si elle allait revenir, près de la table avec sa bouteille, fidèle dans son rôle de sentinelle (une marque de bière que nous aimions tous si bien).

REFLEXION : Janne pensa (très lentement) : qu'est-ce que c'est que cette histoire de sang ? Et qu'est ce que c'est que cette couleur pourrie ? Pourquoi ce retour aux années 60 ? Qu'est-ce que je fais dans cette aventure et dans cette tenue, et pourquoi m'affuble-t'on de ce Mademoiselle qui ne convient pas du tout à une femme de mon expérience ? Je n'aime pas la bière et les films d'horreur alors, qu'est ce que je fous là, pourquoi m'a t-on fait venir ici ? Qui ? Sûrement Mat. Ce psychopathe, attardé, immature, boutonneux et impuissant; je n'aurais jamais dû accepter son irish-gin-whisky-pina-coca, ce truc avait un drôle de goût. Gwendoline avait raison de me dire de me méfier de lui, de ses dzim boum boum et de sa bande de fanfarons électroniques. Et puis je n'aime pas du tout le look de ses copains, ces garçons ne sont pas mon genre, pas de mon rang, pas de ma classe. À la première occasion, je pars, je bouge, je trisse, je fugue, je me casse, me défausse, me défile, je fuis, je m'enfuis, je leur fausse compagnie, je prends la clef des champs, je poudre l'escampette, je le largue en rase campagne, bref je m'en vais pour toujours. Je déteste les boissons à base de malt fermenté, la science-fiction me navre, l'émeraude m'irrite la peau, le vert pue, la musique m'emmerde et j'exècre plus que tous les comics américains. Je vomis les jeux en ligne, je crache sur l'écran plat du graphiste d'à côté, Internet me dégoûte, profondément, j'abhorre les scientifiques, les ingénieurs et les sportifs, je fais un bras d'honneur parfaitement visible à toute vie extraterrestre susceptible de me surprendre à l'instant même du bout de son télescope aux quatre coins de l'Univers. J'ignore intentionnellement toute sorte d'innovation technologique. Et je jette un regard plein de mépris et de condescendance sur l'électricité.



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