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Deuxième Confession de l'Hypogée -
Jeu de regard pour actrice, scaphandre autonome et installation sonore
Un spectacle de Jean Lambert-wild & Jean-Luc Therminarias
CRÉATION EN 2003 AU RÉPERTOIRE Texte édité aux Solitaires Intempestifs
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Avec Laure Wolf, Bénédicte Debilly
Thermifrozen Chorus Jean-Louis Clot, Isabelle Godard, Stéphane Jais,
Hélène Mahieu, Philippe Massa, Stéphane Pelliccia, Céline Pitavy,
Nathalie Pochic
Texte et direction : Jean Lambert-wild Musique : Jean-Luc Therminarias Lumière : Renaud Lagier Costumes : Françoise Luro Coordination du scaphandre marsyas : Thomas Jaeggi, Jean-Daniel Corbet
Régie scaphandre, direction technique : Franck Besson Régie générale, chef constructeur : Thierry Varenne Régie plateau, constructeur : Marc Terrier Son : Christophe Farion Interface sonore : Laurent Pottier, Léopold Frey
Constructeur : Thierry Lerat Régisseurs lumière : David Marze, Frédéric Maire Enseignants - chercheurs UTBM : Abder Koukam, Vincent Hilaire Assistante : Aurélia Marin
Production déléguée Comédie de Caen - Centre dramatique national de Normandie
Coproduction Coopérative
326 ; Le Granit - Scène nationale de Belfort ; MC 93 Bobigny - Maison
de la culture de la Seine-Saint-Denis, ; le Théâtre du Muselet – Scène
nationale de Châlons-en-Champagne ; la Maison de la culture de Bourges
; l'Espace Jean Legendre - Théâtre de Compiègne ; Le Carreau – Scène
nationale de Forbach et de l'Est mosellan ; L'Onde - Espace culturel de
Vélizy et Villacoublay ; le GMEM - Centre national de création musicale
de Marseille ; l'Université de Technologie Belfort-Montbéliard (UTBM)
laboratoire des systèmes et transports
Avec le soutien du Conseil régional de Franche-Comté, du DICREAM, du CCAS, de la SPEDIDAM. En compagnie de l'Adami.
Sous un scaphandre, rêve d'étanchéité contre les agressions intérieures et extérieures, un être à vif dérive au gré de dangers réels ou imaginés. Relié à son lit par un tuyau vital, cordon ombilical
où circulent sons, air et fluides, ce scaphandrier raconte le monde
qu'il a perdu et celui qu'il ne peut aujourd'hui appréhender. Crise de Nerfs – Parlez-moi d'amour - oppose la lutte perpétuelle d'une existence à mener et l'insatiable besoin de mots d'amour.
« Je cultive l'humour du désespoir » dit Jean Lambert-wild. « Traverser en scaphandre cette vallée de larmes, c'est déjà un bon moyen de s'en sortir… ».
Des naufragés au regard fou marchent dans la rue. Ils promènent leurs enfants les tenant si bien par la main que l'on ne sait plus qui guide qui. Des hommes et des femmes dépiautés traînent, derrière eux, leur peau comme une bouée. Épuisés, ils flottent à la surface des choses et attendent apeurés d'êtres engloutis. Ils sont de plus en plus nombreux, bousculés par la peur, à chercher refuge entre leur chair et leur peau. Allergiques aux moindres sollicitations intérieures et extérieures, ils se protègent comme ils peuvent, usant de toute la panoplie technique, chimique et éthique disponible, l'enrichissant au besoin. Là, au milieu de cette double paroi, confit de solitude, ils projettent leurs images : souvenirs d'écorchures dont les apparitions les pèleront puis les effaceront. Fantômes d'eux-mêmes, reflets amoureux de leurs reflets, ils n'ont plus à vivre ce qu'ils projettent de vivre. Ils n'ont plus à souffrir. Mourir n'est pour eux qu'une répétition, une accumulation enregistrée, un enfantement à reculons, une crise de nerfs muette, peureuse aux moindres battements d'ailes d'un papillon. C'est l'un de ces naufragés que j'aimerais capturer, étudier et représenter dans son scaphandre de solitude. En transférant leurs émotions dans des parures, ils se sont offert des carapaces d'insectes insensibles à toute beauté. Ce sont les papillons de notre temps. Jean Lambert-wild
Extraits de presse
"Drôle de titre pour une non moins insolite création. L'amour serait-il l'ultime antalgique contre le grésillement exaspéré de cette modernité qui déchire les nerfs ? Peut-être. C'est en tout cas une des questions que jettent Jean Lambert-wild et Jean-Luc Therminarias. Ou un espoir. (...) Ce que je vis aujourd'hui me bouscule, je voudrais en proposer sur scène une vision poétique, explique Jean Lambert-wild. En utilisant la technologie, il esquisse en tout cas une réponse poétique à cette interrogation fondamentale : comment, avec les moyens actuels, le théâtre peut-il raconter les histoires autrement ?" (Gwénola David, La Terrasse, juin-juillet 2003)
"Crise de nerfs - Parlez-moi d'amour diffuse la parole d'un être figé d'effroi mais nullement résigné. Un être qui tente de survivre dans cet univers en plein naufrage : prêt à jeter son corps dans la lutte, fort de ce scaphandre, cette deuxième peau qui le protège." (Sabrina Weldman, Beaux-Arts Magazine, juillet 2003)
"Il faut enfin signaler, car on pourra le revoir, à Marseille au festival du GMEM, à Bobigny et dans d'autres lieux, l'incroyable force du spectacle de Jean Lambert-wild (texte et mise en scène) et Jean-Luc Therminarias (musique) : Crise de nerfs - Parlez-moi d'amour. Comment aller chercher l'humain au sein du désespoir et de l'enfermement au fond de soi, comment faire lumière de la noirceur absolue, comment faire amour de la solitude glacée, voilà quelques-unes des questions que ce spectacle nous jette à la face sans qu'on ait la moindre échappatoire. Rarement un spectacle aussi ancré dans le monde d'aujourd'hui se sera avéré aussi totalement nécessaire, vital même. Un tel spectacle, c'est l'espoir du théâtre vivant mis sur scène." (Marc Bachaud, L'Humanité, 26 mars 2004)
"Les mises en scène de Jean Lambert-wild constituent des curiosités dans le paysage théâtral. Elles étonnent par le détournement poétique de la technologie (système 3D, informatique à capteurs sensoriels...) (...) L'éclairage tombe d'un ciel putatif comme au fond d'une oubliette ou d'un puits, à travers un catafalque endeuillé, de velours noir. Le logiciel baptisé Marsyas, en mémoire d'un orgueilleux rival qui fut pour sa peine égorgé par Apollon, agrémente de dix-huit jets aléatoires d'encres colorées la bulle à double paroi qui isole et auréole l'actrice. Cette esthétique altère la réalité : elle met dans un état de sensation hors du commun celui de l'enfance devenue consciente. La réalité ordinaire apparaît alors comme un surplus anachronique, fictionnel, qui masque le présent - la présentation des choses. Chacun devine que le temps du réel est celui des rêves et, qu'éveillé, il demeure exilé, en quête d'extase ou de paradis perdu." (Mari-Mai Corbel, Mouvement, mars-avril 2004)
"Cette femme, entre la vie et la mort, proche par la voix et si distante, éloignée par les voiles qui l'entourent et la masse de verre qui enserre sa tête, est comme une apparition mystique. À la seule différence près, mais pas des moindres, que l'humanisme remplace ici le religieux." (Hervé Pons, La Tribune, 11 juin 2004)
"Derrière un attirail insolite, soumis aux potentiels terroristes de nos technologies contemporaines, une patiente impotente, plutôt jeune - sa parole divulguée est perçue à la fois comme étouffée et étrangement sonorisée -, gît sur un lit blanc d'hôpital. Une image pour Tintin Objectif Lune si ce n'est que les connotations de ce paysage futuriste et dévasté de solitude apparaissent comme rattrapées par la fatalité. Un être à la souffrance excessive est partagé entre la vie et la mort, écartelé par des forces à la fois antithétiques et proches qui font de lui une proie sans défense. (...) Le public, pris de compassion, souhaiterait arracher de ce corps en perdition, la combinaison souple de scaphandrier, une panoplie médicale pour grands. (...) Une vision sentimentale, mélancolique et catastrophique de l'expérience humaine où l'on ne sait plus qui l'on est à trop vouloir empêcher l'expression de soi. Au prix de la vie." (Véronique Hotte, La Terrasse, juin-juillet 2004)
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