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Crise de nerfs - Parlez-moi d'amour (extraits du spectacle)
Crise de nerfs - Parlez-moi d'amour (documentaire)
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Crise de nerfs - Parlez moi-d'amour

CRISE DE NERFS - PARLEZ-MOI D'AMOUR
Deuxième Confession de l'Hypogée - Jeu de regard pour actrice, scaphandre autonome et installation sonore
un spectacle de Jean Lambert-wild & Jean-Luc Therminarias

CRÉATION EN 2003

AU RÉPERTOIRE

Texte édité aux Solitaires Intempestifs

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Sous un scaphandre, rêve d'étanchéité contre les agressions intérieures et extérieures, un être à vif dérive au gré de dangers réels ou imaginés.
Relié à son lit par un tuyau vital, cordon ombilical où circulent sons, air et fluides, ce scaphandrier raconte le monde qu'il a perdu et celui qu'il ne peut aujourd'hui appréhender.


Crise de Nerfs – Parlez-moi d'amour - oppose la lutte perpétuelle d'une existence à mener et l'insatiable besoin de mots d'amour.

« Je cultive l'humour du désespoir » dit Jean Lambert-wild. « Traverser en scaphandre cette vallée de larmes, c'est déjà un bon moyen de s'en sortir… ».

Des naufragés au regard fou marchent dans la rue.
Ils promènent leurs enfants les tenant si bien par la main que l'on ne sait plus qui guide qui.
Des hommes et des femmes dépiautés traînent, derrière eux, leur peau comme une bouée.
Épuisés, ils flottent à la surface des choses et attendent apeurés d'êtres engloutis.
Ils sont de plus en plus nombreux, bousculés par la peur, à chercher refuge entre leur chair et leur peau.
Allergiques aux moindres sollicitations intérieures et extérieures, ils se protègent comme ils peuvent, usant
de toute la panoplie technique, chimique et éthique disponible, l'enrichissant au besoin.
Là, au milieu de cette double paroi, confit de solitude, ils projettent leurs images : souvenirs d'écorchures dont
les apparitions les pèleront puis les effaceront.
Fantômes d'eux-mêmes, reflets amoureux de leurs reflets, ils n'ont plus à vivre ce qu'ils projettent de vivre.
Ils n'ont plus à souffrir.
Mourir n'est pour eux qu'une répétition, une accumulation enregistrée, un enfantement à reculons, une crise
de nerfs muette, peureuse aux moindres battements d'ailes d'un papillon.
C'est l'un de ces naufragés que j'aimerais capturer, étudier et représenter dans son scaphandre de solitude.
En transférant leurs émotions dans des parures, ils se sont offert des carapaces d'insectes insensibles à toute
beauté.
Ce sont les papillons de notre temps.
Jean Lambert-wild