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D'après La Chèvre de M. Seguin d'Alphonse Daudet
Une fable de Stéphane Blanquet & Jean Lambert-wild

SPECTACLE TOUT PUBLIC A PARTIR DE 7 ANS

CREATION - PRODUCTION 2010 DE LA COMÉDIE DE CAEN

Du lundi 18 au vendredi 29 janvier
Séances scolaires : lundi 18, vendredi 22, lundi 25, vendredi 29 à 10h et 14h30
Tout public : mardi 19 à 20h30, mercredi 20 à 15h, jeudi 21 à 19h30, mardi 26 à 20h30, mercredi 27 et jeudi 28 à 19h30
à la Comédie de Caen, Théâtre des Cordes

TOURNEE
Disponible en tournée à partir de février 2010 et sur la saison 2010-2011.
Spectacle disponible en français, en anglais et en allemand
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Du lundi 18 au vendredi 29 janvier 2010
à la Comédie de Caen, Théâtre des Cordes

Extraits de presse

Ouest France - France inter - Ouest France - Liberté le Bonhomme - Marsupilamima - Ouest France - Théâtre du blog - Evene

Narrateur André Wilms
La petite chèvre Silke Mansholt

Direction Jean Lambert-wild
Musique Jean-Luc Therminarias, Léopold Frey
Scénographie Stéphane Blanquet & Jean Lambert-wild
Assistant scénographie Thierry Varenne
Lumières Renaud Lagier
Son Christophe Farion
Costumes et accessoires Olive

Direction technique Claire Seguin
Régie son Joël Migne
Régie lumière Thierry Sénéchal
Régie plateau Patrick Le Mercier

Décor et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen :
Patrick Le Mercier, Patrick Demière, Bruno Banchereau, Pierre-Amaury Hervieu, Serge Tarral, Luis Enrique Gomez Bastias, Gilles Loubet, Laurent Mandonnet, Olivier Beaudequin
Sous la direction de Benoît Gondouin
assisté de Hubert Rufin
Stagiaire construction Clément Auger
Peintre décorateur Patrick Demière
Stagiaires décorateurs Anaïs Besnard, Manon Hamard
Réalisation des costumes Antoinette Magny
Stagiaire costumes Clara Dumont
Electriciens Claudio Codemo, Moëren Tesson

Production déléguée Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie


C'est avec une faim de loup que Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet emmèneront les spectateurs dans un univers fantasmagorique. Ils proposeront un voyage visuel féerique et déroutant qui mettra en valeur les diverses saveurs de cette fable mythique d'Alphonse Daudet : l'enfance, la soif de liberté, les frustrations, les transgressions, les transformations du corps, les peurs, la joie de vivre et de se croire aussi grand que le monde...


La Chèvre de M. Seguin constitue une intéressante articulation entre le thème de la transgression et celui du déni de la castration, autre trait majeur de la structure perverse. La répétition, soulignée par le brave Seguin, inscrit cette histoire dans celle des générations successives, et en souligne par là le caractère symbolique. Le chiffre magique, sept, accentue clairement cette référence à la tradition : « Après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième.» Et en effet il y a bien une loi, si discrètement mentionnée qu'on l'oublierait presque : les animaux domestiques sont destinés à vivre attachés, pas à batifoler dans la montagne. Il y a là un interdit qui frappe toutes les chèvres à travers les générations. Le nom de Renaude parmi les précédentes nous rappelle que la mère d'Alphonse s'appelait Reynaud, et que la suivante dans la lignée doit donc être un avatar d'Alphonse lui-même. Cette loi universelle s'applique à toutes les générations l'une après l'autre, c'est l'interdit de l'inceste. Le loup, c'est la castration. Symbolique, mais vécue par l'enfant comme réelle et épouvantable. En enfreignant l'interdit, Blanquette réalise le fantasme d'Alphonse de jouissance effrénée. On sait par les biographes quelle sensualité était la sienne ; il s'est décrit lui-même comme une «machine à sentir». Et pour Blanquette, c'est bien de cela qu'il s'agit : ce qu'elle veut obscurément, c'est voir le loup, c'est clair. Vivre, c'est jouir au sens d'une sensualité exacerbée qui, à s'en tenir au texte cette fois, est bien éloignée de la métaphysique : «La chèvre blanche, à moitié saoule, se vautrait là-dedans, les jambes en l'air (sic) et roulait le long des talus.»

Remarquons en passant comment à plusieurs reprises, Daudet semble s'amuser à jouer avec des expressions figées, mais tout en laissant au lecteur le soin de les deviner (ici, avoir vu le loup : se dit d'une jeune fille qui n'est plus novice, Robert) : l'homme est un loup pour l'homme (homo homini lupus). Les loups ne se mangent pas entre eux. Il faut savoir hurler avec les loups. La faim fait sortir le loup du bois. On peut même se demander si l'épisode final de La Chèvre n'est pas une pure et simple mise en scène d'expressions semblables. Puisque c'est la faim qui le fait sortir du bois et que, quand on parle du loup, on en voit la queue (ou il sort du bois, selon les variantes). Ici, Blanquette pense au loup. Il sort alors du bois ; il passe sa langue sur ses babines.«Elle pensa au loup. (…) La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes toutes droites avec deux yeux qui reluisaient… C'était le loup.»

Et la chevrette n'en réchappera pas. Parce qu'au fond, l'auteur – tout en niant la réalité de la castration – sait bien qu'on n'y échappe pas. Blanquette sait bien que le loup existe et qu'il mange les chèvres, mais en même temps, elle fait exactement comme si le loup n'y était pas, provocation à quoi jouent d'ailleurs tous les enfants de l'école maternelle, et qui constitue – à en juger par les cris bien réels qu'ils poussent – une excellente mise en scène de l'angoisse de castration : «Loup y es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? – Houuuuu !!!»

Extraits de La Grande Affaire du Petit Chose - Figures de la perversion dans l'oeuvre d'Alphonse Daudet - Jean Le Guennec, L'Harmattan, 2006






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