|
D'après La Chèvre de M. Seguin d'Alphonse Daudet
Une fable de Stéphane Blanquet & Jean Lambert-wild
SPECTACLE TOUT PUBLIC A PARTIR DE 7 ANS CREATION EN JANVIER 2010 A LA COMÉDIE DE CAEN
Du lundi 18 au vendredi 29 janvier Séances scolaires : lundi 18, vendredi 22, lundi 25, vendredi 29 à 10h et 14h30 Tout public : mardi 19 à 20h30, mercredi 20 à 15h, jeudi 21 à 19h30, mardi 26 à 20h30, mercredi 27 et jeudi 28 à 19h30 à la Comédie de Caen, Théâtre des Cordes
Spectacle disponible en français, en anglais et en allemand
TOURNEE 2009-2010 Du 22 au 25 juillet 2010 à 12h et à 19h au Festival d'Avignon Gymnase du Lycée Mistral EN TOURNEE SUR 2010-2011
Les 4 et 5 octobre 2010 Le Parvis–scène nationale de Tarbes
Du 12 au 16 octobre 2010 Le Grand Bleu, Lille
Les 21 et 22 octobre 2010 La Passerelle-scène nationale de Saint-Brieuc
Du 26 au 28 octobre 2010 Domaine d'O, Montpellier
Du 9 au 12 novembre 2010 Théâtre de Sartrouville–CDN
Les 2 et 3 décembre 2010 Théâtre de l'Agora–scène nationale d'Evry
Du 8 au 17 décembre 2010 Théâtre National de Bretagne
Les 5 et 6 janvier 2011 Scène nationale 61, Flers
Du 12 au 14 janvier 2011 Théâtres en Dracénie, Draguignan
Du 18 au 21 janvier 2011 Le Carreau–scène nationale de Forbach (dont 1 représentation en allemand le 21 janvier)
Les 3 et 4 mars 2011 Le Carré des Jalles, Saint-Médard en Jalles
Du 8 au 10 mars 2011 Pôle jeune public, Le Revest les eaux
Du 31 mars au 3 avril 2011 Théâtre Nouvelle Génération, Lyon
Les 6 et 7 avril 2011 Théâtre Anne de Bretagne, Vannes
Les 13 et 14 avril 2011 Le Phénix–scène nationale de Valenciennes
Du 26 avril au 4 mai 2011 Théâtre National de Chaillot
Les 12 et 13 mai 2011 Théâtre de Chelles
Du 17 au 20 mai 2011 Théâtre de L'Onde, Vélizy-Villacoublay
|
Extraits de presse Ouest France - France inter - Ouest France - Liberté le Bonhomme - Marsupilamima - Ouest France - Théâtre du blog - Evene - Presse Avignon Brigetoun - La boîte à sorties - France Culture -
Narrateur André Wilms La petite chèvre Silke Mansholt et Chiara Collet en alternance
Direction Jean Lambert-wild Musique Jean-Luc Therminarias, Léopold Frey Chorégraphie Silke Mansholt Scénographie Stéphane Blanquet & Jean Lambert-wild Assistant scénographie Thierry Varenne Lumières Renaud Lagier Costumes et accessoires Olive
Direction technique Claire Seguin Son Christophe Farion Stagiaire son Benjamin Grégoire Régie lumière Thierry Sénéchal Régie plateau Patrick Le Mercier
Décor et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen : Patrick Le Mercier, Patrick Demière, Bruno Banchereau, Pierre-Amaury Hervieu, Serge Tarral, Luis Enrique Gomez Bastias, Gilles Loubet, Laurent Mandonnet, Olivier Beaudequin Sous la direction de Benoît Gondouin assisté de Hubert Rufin Stagiaire construction Clément Auger Peintre décorateur Patrick Demière Stagiaires décorateurs Anaïs Besnard, Manon Hamard Réalisation des costumes Antoinette Magny Stagiaire costumes Clara Dumont Electriciens Claudio Codemo, Moëren Tesson Photographies Tristan Jeanne-Valès Images François Royet
Production déléguée Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie
C'est avec une faim de loup que Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet
emmèneront les spectateurs dans un univers fantasmagorique. Ils
proposeront un voyage visuel féerique et déroutant qui mettra en valeur
les diverses saveurs de cette fable mythique d'Alphonse Daudet :
l'enfance, la soif de liberté, les frustrations, les transgressions,
les transformations du corps, les peurs, la joie de vivre et de se
croire aussi grand que le monde...
La Chèvre de M. Seguin constitue une intéressante articulation entre le thème de la transgression et celui du déni de la castration, autre trait majeur de la structure perverse. La répétition, soulignée par le brave Seguin, inscrit cette histoire dans celle des générations successives, et en souligne par là le caractère symbolique. Le chiffre magique, sept, accentue clairement cette référence à la tradition : « Après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième.» Et en effet il y a bien une loi, si discrètement mentionnée qu'on l'oublierait presque : les animaux domestiques sont destinés à vivre attachés, pas à batifoler dans la montagne. Il y a là un interdit qui frappe toutes les chèvres à travers les générations. Le nom de Renaude parmi les précédentes nous rappelle que la mère d'Alphonse s'appelait Reynaud, et que la suivante dans la lignée doit donc être un avatar d'Alphonse lui-même. Cette loi universelle s'applique à toutes les générations l'une après l'autre, c'est l'interdit de l'inceste. Le loup, c'est la castration. Symbolique, mais vécue par l'enfant comme réelle et épouvantable. En enfreignant l'interdit, Blanquette réalise le fantasme d'Alphonse de jouissance effrénée. On sait par les biographes quelle sensualité était la sienne ; il s'est décrit lui-même comme une «machine à sentir». Et pour Blanquette, c'est bien de cela qu'il s'agit : ce qu'elle veut obscurément, c'est voir le loup, c'est clair. Vivre, c'est jouir au sens d'une sensualité exacerbée qui, à s'en tenir au texte cette fois, est bien éloignée de la métaphysique : «La chèvre blanche, à moitié saoule, se vautrait là-dedans, les jambes en l'air (sic) et roulait le long des talus.»
Remarquons en passant comment à plusieurs reprises, Daudet semble s'amuser à jouer avec des expressions figées, mais tout en laissant au lecteur le soin de les deviner (ici, avoir vu le loup : se dit d'une jeune fille qui n'est plus novice, Robert) : l'homme est un loup pour l'homme (homo homini lupus). Les loups ne se mangent pas entre eux. Il faut savoir hurler avec les loups. La faim fait sortir le loup du bois. On peut même se demander si l'épisode final de La Chèvre n'est pas une pure et simple mise en scène d'expressions semblables. Puisque c'est la faim qui le fait sortir du bois et que, quand on parle du loup, on en voit la queue (ou il sort du bois, selon les variantes). Ici, Blanquette pense au loup. Il sort alors du bois ; il passe sa langue sur ses babines.«Elle pensa au loup. (…) La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes toutes droites avec deux yeux qui reluisaient… C'était le loup.» Et la chevrette n'en réchappera pas. Parce qu'au fond, l'auteur – tout en niant la réalité de la castration – sait bien qu'on n'y échappe pas. Blanquette sait bien que le loup existe et qu'il mange les chèvres, mais en même temps, elle fait exactement comme si le loup n'y était pas, provocation à quoi jouent d'ailleurs tous les enfants de l'école maternelle, et qui constitue – à en juger par les cris bien réels qu'ils poussent – une excellente mise en scène de l'angoisse de castration : «Loup y es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? – Houuuuu !!!» Extraits de La Grande Affaire du Petit Chose - Figures de la perversion dans l'oeuvre d'Alphonse Daudet - Jean Le Guennec, L'Harmattan, 2006
Liens
|