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Caligula/Supernova (extraits du spectacle)
PHOTOS DE RÉPÉTITION
Caligula/Supernova (répétition) par Tristan Jeanne-Valès

PHOTOS
Caligula/Supernova par Tristan Jeanne-Valès

CALIGULA/SUPERNOVA

Du lundi 17 au mercredi 26 janvier :
lundi, mardi et vendredi à 20h30, mercredi et jeudi à 19h30
relâche samedi et dimanche
à la Comédie de Caen, Théâtre des Cordes

CREATION

 
 
 
 
 
 

Caligula n'est pas prêt, pas préparé, pas conçu pour être à la tête d'un empire colossal.
Replié dans les sous sols du palais, face à la nuit et à ses démons, il nous offre l'intimité d'un homme-enfant égaré...
Insomniaque, il s'entoure de femmes, de louves à fleur de peau qui veillent sur lui et sur leurs places dans la meute. Sa soeur Drusilla le pousse à se façonner en tyran, à s'aiguiser comme une lame. Mais effrayé à l'idée de devenir un homme, plus encore, un homme de pouvoir, il tombe malade et s'endort.
A son réveil, Caligula accepte de bâtir son monde sur le lisier du chaos et se proclame « Dieu vivant ».
Drusilla meurt et le précipite un peu plus vers la monstruosité.
Le texte d'Alain Cofino Gomez se termine comme un clin d'oeil, là où commence le célèbre texte d'Albert Camus.

David Fauvel

Notre Caligula est un monstre, comme tous les Caligula. Mais c'est avant tout un monstre de douleurs et de peurs. Il est né dans le magma sordide des homicides majestueux et il finira dans le même bain de politique sanglant. À ce titre et tant qu'il est en vie, notre Caligula est un survivant ou un être en sursis. Il le sait et cela fait de lui ce monstre. Lorsque l'alternative à la mort brutale est la tête d'un Empire presque sans frontière connue, le vertige est à la hauteur du gouffre. Caligula est porté par ce vertige comme par celui qu'offrent le spectacle des étoiles et leurs explosions de renaissances qui se dessinent dans notre ciel…
Pour notre Caligula tout est question de mort et de destin funeste. Il veut garder les yeux ouverts pour n'être pas saisi, et ce, au prix d'un sommeil qui vient à manquer. Tout cela semble une longue nuit blanche où l'on rêve éveillé, les yeux injectés de sang. C'est une tragédie de la fatigue que vit ce Caligula. Fatigue des corps et des esprits, drame des âmes exsangues.
Tout est repli sur soi, il devient difficile de démêler le rêve du cauchemar, l'ombre de la lumière aveuglante, impossible de distinguer le piège dangereux du havre de paix… l'ami de l'amant, son propre corps de celui d'un autre, le sexe de ce qui s'offre au désir, la sœur de la femme, la figure nostalgique de l'enfance du spectre de la mort, le songe de la prédiction. Tout est trouble et aucun n'est plus coupable que victime du sort et de la machination qui va inexorable à son achèvement.
Caligula est un monstre-enfant entouré d'enfants-monstres. Des monstres innocents pour un drame de l'innocence.
Notre Caligula est une machine tragique. C'est une mécanique qui n'a d'autre but que sa propre fin.

Alain Cofino Gomez