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AEGRI SOMNIA
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Aegri somnia

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Aegri Somnia à Caen. Ph. Tristan Jeanne-Valès

AEGRI SOMNIA
Calenture n° 2 de l'Hypogée
pour acteur, piscine municipale, scaphandre autonome et installation sonore

Du mardi 25 au jeudi 27 octobre 2011
Le mardi et le jeudi à 19h et le mercredi à 14h30 et à 19h

à la piscine de l'Université de Caen, Suaps Campus 1

Durée du spectacle : 40 minutes

TOUT PUBLIC A PARTIR DE 13 ANS


 
 
 
 
 
 
 
 
Pour faire entendre les méandres d'un rêve, Jean Lambert-wild dispose d'un scaphandre autonome lui permettant de respirer sous l'eau tout en parlant.
C'est donc au fond de la piscine de l'Université de Caen que décor et acteur vous attendent pour vous faire partager ce texte accompagné d'extraits choisis de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne. Les spectateurs pourront, grâce à un système hydrophonique entendre cette calenture poétique aussi bien sous l'eau que hors de l'eau. Ils pourront ainsi rejoindre l'artiste et nager avec lui sans perdre le fil de son histoire.
Masque et tuba sont fournis par la Comédie de Caen, mais n'oubliez pas les maillots !



Ne plongez pas !
Glissez dans l'eau !
Nagez calmement !
Ecoutez, la tête dans l'eau ou hors de l'eau !
Quoi qu'il arrive, laissez-vous dériver…


I

De malédiction
Il n'y en aura plus.
Surtout,
Ligoté à la vie,
La joue posée sur ton ventre,
Tu seras reposé.
Là,
Accepte la caresse des coups.
Accepte la.
Laisse ce champignon
Envahir ta peau.
C'est son parfum
Qui t'a englouti.
Là,
Là où tu es,
Tes membres seront cousus.
Ta fureur entravée.
Tes cris
Seront les voûtes souterraines
D'une maison bien tenue.
Et maintenant,
Tends l'oreille.
Tends la.
Ce monde agite ses ruines.
Il danse
Mais ne croit plus en la danse.
Sur lui,
Il tourne sans repos.
Prêt à payer l'impayable
Pour décorer son ennui.
C'est là
Toute sa victoire.
C'est là
Le campement de son chagrin.




II

Mais
Il fallait marcher
Et nous allions de l'avant
Pendant que
Voguant au-dessus de nos têtes
Des troupes de pysalies
Laissant
Leurs tentacules d'outremer
Flotter à la traîne
Des méduses
Dont l'ombrelle opaline
Ou rose tendre
Festonnée d'un liston azur
Nous abritait des rayons solaires
Et des pélagies panopyres
Qui
Dans l'obscurité
Eussent semé notre chemin
De lueurs phosphorescentes.



III

Ne t'es tu pas trompé ?
Tes muscles ne t'ont-ils pas trahi ?
Que fais-tu
Au milieu de cette foule
Figée en elle-même ?
Toi,
Dont les yeux
Piqués de soleil
Posaient des questions à l'horizon.
Toi
Dont les chevilles
Griffées par les herbes
Dirigeaient tes pas vers les sommets.
Je ne te reconnais plus.
Je ne te reconnais plus.
Ton odeur m'est inconnue.
Tu sens la pioche
Soucieuse de creuser.
Tu sens la porte
Inquiète de s'ouvrir.
Tu pues.
De part en part
Tu pues.
Toi