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OUVERTURE DE LA SAISON(S) 2012-2013
LA PRINCESSE DE CLEVES
Mardi 18 septembre à 19h30
à la Comédie de Caen, Théâtre d'Hérouville Entrée libre sur réservation au 02 31 46 27 29 Durée du spectacle : 1h20 Mise en garde de bonne heure par sa mère contre «le peu de sincérité des hommes» et les dangers de l'amour, Mlle de Chartres, âgée de seize ans, garde la tête froide devant les hommages que suscite sa beauté. Elle sait que «le plus grand bonheur d'une femme est d'aimer son mari et d'en être aimée», et attend qu'un prétendant se présente. Deux brillants projets de mariage, conçus par Mme de Chartres, échouent ; la jeune fille doit se contenter d'épouser un gentilhomme plein de sagesse et de mérite, M. de Clèves, dont la passion respectueuse, la constance ont touché sa vertu. Elle n'a pour lui que de l'estime et s'en satisfait (...). Mais peu de temps après, la rencontre du duc de Nemours jette le trouble dans son existence paisible (...). Bernard Pingaud in Laffont-Bompiani Dictionnaire des personnages, Robert Laffont 17 ans avec la Princesse de Clèves Me voilà, de nouveau, au cœur des plaisirs et des difficultés, à apprendre, voire ressasser, ma chère langue du XVIIe siècle. En elle, je vois bien une fois de plus, que vont d'un même pas la beauté stricte et l'horreur, et je redécouvre avec une force inaccoutumée que l'école du plus grand maintien cache un laboratoire de cris. Les phrases, qui paraissaient immobiles dans leur perfection, courent, de fait, d'un mouvement imprévisible. Mon travail tient en ceci : trouver les moyens de rendre à cette prose tout le registre des émotions qu'elle inspire. Marcel Bozonnet Marcel Bozonnet, acteur et metteur en scène. Il a joué entre autres sous la direction de Victor Garcia, Antoine Vitez et Klaus Michael Grüber, et a monté notamment Molière, Jan Fabre et Pasolini. Sociétaire de la Comédie-Française, il a ensuite dirigé le Conservatoire supérieur national d'art dramatique puis la Comédie-Française. Il a mis en scène et interprète en solo depuis 2002 La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette. En 2006, il fonde sa compagnie Les Comédiens voyageurs. J'oubliais de vous dire que j'ai enfin lu La Princesse de Clèves avec l'esprit d'équité et point du tout prévenu du bien et du mal qu'on m'en a écrit. J'ai trouvé la première partie admirable, la seconde ne m'a pas semblé de même. Dans le premier volume, hormis quelques mots trop souvent répétés, qui sont pourtant en petit nombre, tout est agréable, tout est naturel, rien ne languit. Dans le second, l'aveu de Mme de Clèves à son mari est extravagant, et ne se peut dire que dans une histoire véritable ; mais quand on en fait une à plaisir, il est ridicule de donner à son héroïne un sentiment si extraordinaire. L'auteur, en le faisant, a plus songé à ne pas ressembler aux autres romans qu'à suivre le bon sens. Une femme dit rarement à son mari qu'elle ait de l'amour pour un autre que lui ; et d'autant moins qu'en se jetant à ses genoux, comme fait la princesse, elle peut faire croire à son mari qu'on est amoureux d'elle, mais jamais qu'elle n'a gardé aucune borne dans l'outrage qu'elle lui a fait. D'ailleurs il n'est pas vraisemblable qu'une passion d'amour soit longtemps, dans un coeur, de même force que la vertu. Depuis qu'à la cour en quinze jours, trois semaines ou un mois, une femme attaquée n'a pas pris le parti de la rigueur, elle ne songe plus qu'à disputer le terrain pour se faire valoir. Et si, contre toute apparence et contre l'usage, ce combat de l'amour et de la vertu durait dans son coeur jusqu'à la mort de son mari, alors elle serait ravie de les pouvoir accorder ensemble, en épousant un homme de sa qualité, le mieux fait, et le plus joli cavalier de son temps. La première aventure des jardins de Coulommiers n'est pas vraisemblable et sent le roman. C'est une grande justesse que, la première fois que la princesse fait à son mari l'aveu de sa passion pour un autre, M de Nemours soit, à point nommé, derrière une palissade, à les entendre ; je ne vois pas même de nécessité, qu'il sût cela, et en tout cas, il fallait le lui faire savoir par d'autres voies. Cela est encore bien du roman de faire parler les gens tout seuls, car outre que ce n'est pas l'usage de se parler soi-même, c'est qu'on ne pourrait savoir ce qu'une personne se serait dit, à moins qu'elle n'eût écrit son histoire ; encore dirait-elle seulement ce qu'elle aurait pensé. La lettre écrite du vidame de Chartres est encore du style des lettres de roman, obscure, trop longue, et point du tout naturelle. Cependant, dans ce second volume, tout y est aussi bien conté et les expressions en sont aussi belles que dans le premier. Bussy-Rabutin Lettre à Mme de Sévigné, 22 mars 1678 |