Bandes parallèles

De Yoann Thommerel
Mise en scène Marcial Di Fonzo Bo

distribution

Avec Ella Benoit, Josué Ndofusu, Bachir Tlili de la troupe permanente du Préau, CDN de Normandie-Vire

À la radio, on a d’abord entendu un lycéen témoigner, lui qui s’en était pas trop mal sorti, mais son histoire avait de quoi surprendre. Il racontait comment il avait eu le réflexe de sortir son téléphone pour filmer la scène. Alors qu’il s’approchait, un type habillé de noir avec une capuchesur la tête l’avait attrapé par derrière pour l’emmener de force derrirère un fourgon; Là, il avait sorti sa carte de police et lui avait arraché son téléphone des mains. L’appareil était protégé, le policier a demandé au lycéen de le déverouiller, il n’a pas voulu, tout est allé très vite, le policier lui a attrapé la tête, l’a attiré contre lui et mordu l’oreille.

Trois histoires se succèdent, trois histoires sans lien apparent les unes avec les autres, hormis l’usage d’un même objet-symptôme : la cagoule. Trois histoires qui n’en font qu’une, prenant tout leur sens dans ce qu’on pourrait appeler une dramaturgie du téléscopage.

Bandes parallèles est une comédie. Une comédie du passage à l’acte. On y prépare des actions, des actions d’aujourd’hui, plus au moins politiques, plus ou moins radicales, plus ou moins maîtrisées. Le brouhaha des préparatifs auxquels s’affairent les personnages ne doit pas couvrir complètement une question, posée là en creux : comment renouer avec un activisme politique progressiste dans un monde obstinément appliqué à en corrompre, à en contrefaire ou à en les moindres frémissements ?

Cette question doit finir par s’entendre. L’idéal serait même qu’elle finisse par devenir lancinante.

Yoann Thommerel