La Journée d’une rêveuse (et autres moments)

de Copi
Adaptation et mise en scène Pierre Maillet

distribution

Avec Marilu Marini
Lawrence Lehérissey au piano
Lumières Bruno Marsol
Son Manu Léonard
Costumes Raoul Fernandez
Maquillage Jean-Luc Don Vito
Assistanat à la mise en scène Sébastien Ribaux et Thomas Jubert
Décors et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen

Production Comédie de Caen-CDN de Normandie
Avec le soutien du Théâtre des Lucioles-Rennes, du 104-Paris et du Dièse Rhône-Alpes

Quand la grande Marilú Marini m’a proposé de l’accompagner dans une aventure autour de Copi, qu’elle a connu et qu’elle a beaucoup joué, souvent sous la direction d’Alfredo Arias (notamment l’inoubliable Femme assise, personnage récurrent dessiné par Copi pour la première fois incarnée sur une scène de théâtre), nous avons tout de suite rêvé d’une forme libre comme l’était notre “cher maître”. Copi moi, je ne l’ai pas connu, mais je l’ai beaucoup joué avec Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier. Copi, c’est pour Marilú, autant que pour moi, un auteur emblématique important, un ami qu’on a toujours hâte de retrouver et de découvrir, encore.
J’ai imaginé ce spectacle bien sûr comme un hommage vibrant à l’auteur, acteur, dessinateur et figure emblématique du mouvement homosexuel des années 70, mais je voulais qu’il soit aussi et surtout un hommage à Marilú Marini par le biais de son compatriote et ami. Et j’ai tout de suite pensé à La journée d’une rêveuse. Terrain neutre pour elle comme pour moi, inconnu du grand public. Un beau poème théâtral, énigmatique et méconnu, créé par Jorge Lavelli en 68 avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre… Nous avons fait un monologue du personnage central de cette pièce, qu’elle incarne comme un double féminin de Copi acteur (dans Le frigo ou Loretta Strong : monologues mythiques et délirants qu’il jouait avec une élégance et un détachement rares et inoubliables pour tous ceux qui l’ont vu et entendu). Elle invente ous nos yeux une sorte de Blanche-Neige, plus proche de Brigitte Fontaine que de Walt Disney.
Et en miroir avec tout ce matériau poétique et fictionnel, nous traversons le Rio de la Plata, un texte écrit en 1984. Conçu comme la préface d’un roman qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, dans lequel Copi parle comme jamais de lui, de ses origines, de l’Uruguay, de l’Argentine où il était interdit, de l’exil, et de son rapport à l’écriture…
Enfin il y a de la musique et des chansons. Un pianiste est sur scène avec Marilú : Lawrence Lehérissey, arrière petit-fils du grand Georges Méliès, accompagnateur des films de son illustre grand-père et avec qui j’avais déjà travaillé sur Igor etc de Laurent Javaloyes.
Seule sur scène avec lui, et quelques “voix” en guise de partenaires et de facteurs potentiels, elle est tout simplement Copi…“Je m’exprime parfois dans ma langue maternelle, l’argentine, souvent dans ma langue maîtresse, la française. Pour écrire ce livre, mon imagination hésite entre ma mère et ma maîtresse. Quelle que soit la langue choisie, mon imagination me vient de cette partie de la mémoire qui est molle
et particulièrement sensible aux flèches caches dans les phrases anonymes. Voyageur et voyeur, mon expression prend la forme de scènes fugaces telles l’amour sous un réverbère ou la mort fatale; nourri de sensibilité du Rio de la Plata j’en garde l’exigüité des décors ; les voyages m’ont appris que peu de vêtements bien assortis font l’assurance et le crédit de l’exilé…” (extrait de Rio de la Plata de Copi.)

Pierre Maillet, novembre 2015