|
L'identité d'un théâtre et sa giration au cycle d'une saison nécessitent un axe solide pour mouvoir et rassembler une communauté. Sans axe, nos rêves s'enfuient et s'éteignent dans la nuit. J'entends par communauté cette puissance publique formée par tous les regards singuliers venus de tous les horizons qu'ils soient ceux d'artistes, de chercheurs, d'entrepreneurs, d'amateurs, d'enfants, d'adolescents ou d'adultes, qui convergeront vers un théâtre et s'inviteront à se voir et à se reconnaître. Je suis ici en lutte contre l'idée d'un monde désenchanté, fini et refermé sur lui-même qui ne rêve plus les frontières visibles et invisibles qu'une génération ou sa suivante dépasseront. Il y a tant de choses à découvrir et à aimer. Il y a tant de vaisseaux à construire. Il y a tant de visages à rencontrer. La vie est une immensité qu'il faut transmettre à nos enfants qui, plus loin encore, trouveront ou inventeront les frontières qu'ils franchiront. Je souhaite que la Comédie de Caen soit un point de ralliement, le lieu où une communauté, avide d'inventer, de penser et de s'égarer, puisse se rassembler, se reconnaître et se critiquer dans les jeux de regards que nous lui offrirons. Porter sur scène dans le monde d'aujourd'hui une humaine Comédie, voici un futur excitant et attrayant qui ne peut s'enraciner que dans des actes présents où traditions et innovations se croiseront dans un irréductible sentiment de joie et de vie.
|
|